Les odeurs et les couleurs se mélangent dans ma tête.

Je ne sais plus si c’est le soleil jaune de ces fleurs, aux feuilles par mille trous percées, qui abondent en effluves capiteuses

ou en rayons or-ocre pigmentés.

La palette de mes sens se colore en nuances d’été, jusqu’à l’insistance de ces notes, fraîchement moissonnées.

Je ne distingue plus comment l’aurore s’est levée, le ciel pourpre ne s’étant pas encore révélé.

Ces nouvelles fragrances aux mélodieuses corolles teintées, déjouent mon imaginaire, lorsqu’il décomptait chaque pétales envolés…

La pâquerette se soustrayait pour finir en amour manqué alors que la Belle Sultane rouge s’offre à moi, dans ces rondeurs veloutées.

La promesse des baisers sous le gui-mauve vient nous illuminer puisque la cueillette de cette fleur, dans le silence des fossés, nous promet de douces décoctions à laisser infuser.

Je ne me presse plus à vouloir toutes les cueillir, les effleurer, les sentir suffisent à me ravir.

À ces quelques notes de tête s’ajoute la brise des vents bercés, qui nous traverse, transporte vers des parfums nouvellement colorés.

Et si les feuillages de nos sauvages clairières nous offrent l’abondance de nos forêts après l’hiver, alors, sous les draps blancs de nos contrées immaculées, se dévoileront les délicates senteurs timides, intimidantes à raviver.

L’essentiel de nos odorantes peaux se laisse découvrir par les paumes ouvertes de nos mains-tenants à offrir.

Claire
2 Juillet 2023

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