Je ne savais pas que je savais conduire
J’imaginais tout au plus savoir fuir
Prendre la tangente, déguerpir
Comme seule issue pour s’en sortir !

Lorsque soudain, pendant très longtemps
J’avançais vers demain, comme cheminant
Vers un levé de destin qui prend son temps
Pour recueillir la rosée du matin, le nectar scintillant !

Sous chaque brin d’herbe naissait la source
Comme une douce ritournelle chantée sur le pouce
  Vibrantes et désaltérées par ce breuvage rosé
Mes cordes fredonnées se jouaient à déclamer !

~

Je ne savais pas que je savais conduire
Je m’inventais des histoires à n’en plus finir
Mais la station d’arrêt me faisait languir
De cette sensation que j’avais, celle de m’offrir !

Lorsque soudain, à gorge déployée
Je sentais en moi la force de rythmer
Ce qui se vit au fond des toutes les entrailles
Et qui se fraye un sentier jusqu’aux refrains de batailles

Sous chaque brin d’herbe la musique entonnait
Une berceuse joueuse d’où un solo murmurait
Cette distance qui sépare des routes sinueuses
D’avec l’insistance d’une partition, somme toute mélodieuse !

~

Je savais que je ne savais pas conduire
Cela m’entraînait vers des éclats de rire
Un cheminement avec ou sans permis
Celui d’une route qui se prend, direction, infini !

Claire
10 Mai 2024

Share This